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Affaire des endives : La Cour de justice de l’Union européenne clarifie les possibilités d’actions des OP/AOP au regard du droit de la concurrence

Communiqué de la CJUE – Arrêt Endives 14.11.17

En réponse à la question préjudicielle par la Cour de cassation, dans l’affaire dite des « endives », la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a apporté les réponses suivantes :

Des pratiques qui portent sur la fixation collective de prix minima de vente, sur une concertation relative aux quantités mises sur le marché ou sur des échanges d’informations stratégiques AOP ne peuvent être soustraites à l’interdiction des ententes (article 101, paragraphe 1, TFUE) lorsqu’elles sont convenues entre différentes OP ou AOP, ainsi qu’avec des entités non reconnues par un État membre telles que des organisations professionnelles ne disposant pas du statut d’OP, d’AOP ou d’organisation interprofessionnelle au sens de la réglementation de l’Union européenne.

Des pratiques qui portent sur une concertation relative aux prix ou aux quantités mises sur le marché ou sur des échanges d’informations stratégiques, telles que celles en cause au principal, peuvent être soustraites à l’interdiction des ententes (article 101, paragraphe 1, TFUE) :

  • lorsqu’elles sont convenues entre membres d’une même OP ou d’une même AOP reconnue par un État membre ;
  • et qu’elles sont strictement nécessaires à la poursuite du ou des objectifs assignés à l’OP ou à l’AOP concernée en conformité avec la réglementation de l’Union européenne.

L’arrêt intégral est accessible en suivant le lien ci-après : http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=196626&pageIndex=0&doclang=fr&mode=lst&dir=&occ=first&part=1&cid=521240

Affaire des endiviers : La Cour de cassation renvoie à la Cour de justice de l’Union européenne afin qu’elle réponde à deux questions préjudicielles

Cass.com. 08.12.15 AC Endives_Renvoi QP

Dans l’arrêt rendu ce jour, la chambre commerciale de la Cour de Cassation, statuant en formation de section, sursoit à statuer sur le pourvoi formé par l’Autorité de la concurrence contre l’arrêt rendu le 15 mai 2014 par la Cour d’appel de Paris, dans l’attente de la réponse de la Cour de Justice de l’Union européenne à deux questions préjudicielles.

L’arrêt de la Cour d’appel de Paris du 15 mars 2014 avait annulé en tous points la décision de condamnation prononcée par l’Autorité de la concurrence à l’encontre des producteurs d’endives et de leurs organisations professionnelles.

La Cour de cassation estime que « le litige pose une difficulté sérieuse quant à l’interprétation des règlements portant organisation commune des marchés, dans ce secteur, et l’étendue des dérogations « spécifiques » aux règles de concurrence qu’ils sont susceptibles de contenir dans leurs dispositions relatives aux organisations de producteurs et aux associations d’organisations de producteurs, notamment au regard de l’objectif de régularisation des prix à la production assigné à ces organisations et à la possibilité qu’ont ces organismes de mettre en place des prix de retrait ».

En conséquence, elle sursoit à statuer et renvoie à la Cour aux fins de répondre aux deux questions suivantes :

« 1°/ Des accords, décisions ou pratiques d’organisations de producteurs, d’associations d’organisations de producteurs et d’organisations professionnelles, qui pourraient être qualifiés d’anticoncurrentiels au regard de l’article 101 TFUE, peuvent-ils échapper à la prohibition prévue par cet article du seul fait qu’ils pourraient être rattachés aux missions dévolues à ces organisations dans le cadre de l’organisation commune du marché et ce, alors même qu’ils ne relèveraient d’aucune des dérogations générales prévues successivement par l’article 2 des règlements (CEE) n° 26 du 4 avril 1962 et (CE) n° 1184/2006 du 24 juillet 2006 et par l’article 176 du règlement (CE) n° 1234/2007 du 22 octobre 2007 ? 

2°/ Dans l’affirmative, les articles 11, paragraphe 1, du règlement (CE) n° 2200/1996, 3, paragraphe 1, du règlement (CE) n° 1182/2007, et 122, alinéa 1er, du règlement (CE) n° 1234/2007, qui fixent, parmi les objectifs assignés aux organisations de producteurs et leurs associations, celui de régulariser les prix à la production et celui d’adapter la production à la demande, notamment en quantité, doivent-ils être interprétés en ce sens que des pratiques de fixation collective d’un prix minimum, de concertation sur les quantités mises sur le marché ou d’échange d’informations stratégiques, mises en oeuvre par ces organisations ou leurs associations, échappent à la prohibition des ententes anticoncurrentielles, en tant qu’elles tendent à la réalisation de ces objectifs ? »